Résumé
Depuis décembre 2019, le monde est confronté à l’épidémie d’un nouveau coronavirus, appelé SARS-CoV-2, provoquant une maladie appelée COVID-19. Le virus se propage par un contact rapproché et par les gouttelettes créées lorsque nous éternuons, toussons ou parlons. Heureusement, lorsque les enfants sont infectés, ils ne semblent présenter que des symptômes bénins, comme de la fièvre et de la toux. Ce sont principalement les personnes de plus de 65 ans et les personnes souffrant d’autres problèmes de santé qui sont le plus gravement touchées par le COVID-19. La maladie provoque une infection des poumons, du sang et du système digestif. Notre meilleure protection contre la propagation du virus consiste à améliorer notre hygiène, à bien aérer les pièces, à respecter une distance ≪ sociale ≫ d’au moins 1,5 m avec les personnes qui n’habitent pas dans votre maison, et à rester chez soi. Actuellement, le meilleur moyen de contenir le SARS-CoV-2 est de procéder à des tests approfondis de dépistage des infections et de mettre en quarantaine les patients infectés et les personnes qui ont été en contact avec la personne infectée avant qu’elle ne tombe malade. Un vaccin contre le COVID-19 est également en cours de développement !
Le nouveau coronavirus : les bases
SARS-CoV-2 est le nom du plus jeune membre de la famille des coronavirus connus pour infecter l’homme (Figure 1). Son nom complet est syndrome respiratoire aigu sévère-coronavirus-2. Le virus provoque de graves infections des poumons, du sang et du système digestif. La maladie causée par le SARS-CoV-2 est appelée COVID-19 (maladie du coronavirus 2019). Le SARS-CoV-1 (syndrome respiratoire aigu sévère-coronavirus-1) en 2002 et le MERS-CoV (coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient) en 2012, deux autres membres célèbres de la famille, ont également causé des souffrances humaines et des décès considérables. Quatre autres membres prospères de la famille sont à l’origine d’environ un tiers des rhumes courants [1, 2].
- Figure 1 - Le SARS-CoV-2 est le tout dernier membre de la famille des coronavirus ; il aime particulièrement infecter les personnes âgées et affaiblies, mais n’aime pas tellement infecter les enfants.
Le SARS-CoV-2 est un virus zoonotique, c’est-à-dire qu’il est passé d’un animal à un humain. La similitude génétique du virus avec les coronavirus des chauves-souris explique pourquoi les scientifiques pensent que le SARS-CoV-2 est passé de son hôte d’origine, une chauve-souris, à l’homme. Comme le premier patient a été diagnostiqué à Wuhan, en Chine, on a pensé que c’était le lieu d’origine du virus. Cependant, des scientifiques de différents pays ont trouvé des traces du virus dans les eaux des égouts début décembre, bien avant que le premier patient infecté ne soit diagnostiqué. Cela conforte l’idée que le virus a pu circuler bien plus tôt qu’on ne le pensait. Le coronavirus ressemble à une petite boule (de 50 à 200 nm de diamètre, si minuscule qu’elle n’est détectable qu’avec un microscope très puissant) avec des pointes en forme de couronne (≪ corona ≫ signifie couronne). La couche externe du virus est constituée de particules grasses qui sont facilement détruites lorsque le virus entre en contact avec du savon [1, 2].
Comment le COVID-19 a-t-il provoqué une pandémie ?
Les virus zoonotiques ont provoqué de plus en plus d’épidémies au cours des dernières décennies. Une maladie qui se propage dans le monde entier est appelée pandémie [3]. Mais pourquoi le SARS-CoV-2 a-t-il provoqué une pandémie comme on n’en avait pas vu depuis plus d’un siècle ? Dans le monde, près de 15 millions de personnes ont été infectées et près de 650 000 personnes sont mortes du COVID-19 (au 21/07/2020) [4]. Pour qu’une maladie devienne une pandémie, se propage dans le monde entier en quelques mois et cause autant de dommages aux personnes, elle doit être très contagieuse, mais pas trop mortelle.
Tous les virus ont besoin de détourner d’autres cellules pour se reproduire. C’est leur seul objectif : survivre et se multiplier (Figure 2). Le SARS-CoV-2 se propage par un contact rapproché et par les gouttelettes émises lorsque nous éternuons, toussons ou parlons. Il peut pénétrer dans notre corps par les yeux, le nez ou la bouche. Le virus peut survivre sur diverses surfaces pendant plusieurs heures. Les gens peuvent donc l’attraper sur leurs mains et se contaminer en se touchant le visage, ce que nous faisons en moyenne 20 fois par heure [1, 2].
- Figure 2 - En s’attachant aux récepteurs ACE2 présents sur de nombreuses cellules humaines, le virus pénètre dans la cellule et lui donne des instructions pour qu’elle produise de nombreuses copies de lui-même, afin que le virus puisse envahir de plus en plus de cellules.
Une fois dans l’organisme, les pointes en forme de couronne du SARS-CoV-2 se fixent sur des molécules appelées récepteurs ACE2, que l’on trouve sur de nombreuses cellules humaines. Grâce à ces récepteurs, le virus pénètre dans nos cellules et donne à la cellule des instructions pour produire de nombreuses copies de lui-même, qui peuvent ensuite envahir de plus en plus de cellules.
Au fur et à mesure que les cellules sont infectées, les symptômes présents ressemblent à ceux de la grippe, comme la toux, la fièvre et la fatigue. Les autres symptômes incluent l’essoufflement, les maux de gorge, la perte d’appétit, la perte de l’odorat ou du goût et la diarrhée [1, 2].
Cependant, il est possible d’être infecté par le SARS-CoV-2 et de le propager sans même présenter de symptômes. Lorsque ce virus infecte un humain pour la première fois, il est silencieux pendant un certain temps. C’est ce que l”on appelle la période d’incubation, qui peut durer jusqu’à 2 semaines. Environ 3 jours avant l’apparition des premiers symptômes, les personnes infectées peuvent transmettre le virus à d’autres personnes. Si aucune mesure n’est prise, elles peuvent infecter entre 1 et 4 autres personnes sans le savoir. Les personnes nouvellement infectées pourront à leur tour infecter d’autres personnes, et ainsi de suite. C’est pourquoi le virus réussit si bien à provoquer une pandémie. Le nombre de personnes infectées double assez rapidement [1, 2].
Suis-je en danger ? suis-je un danger pour les autres ?
Les recherches se poursuivent, mais nous savons que les enfants présentent un risque moindre d’infection grave et qu’ils ne sont pas les principaux vecteurs du virus.
Seule une petite partie des cas confirmés de COVID-19 concerne les enfants. Cependant, comme les enfants ne présentent pas de symptômes ou uniquement des symptômes légers, ils ne sont pas testés autant que les adultes [1–3, 5].
Plus vous êtes âgé, plus vous risquez de développer des symptômes graves dus au COVID-19, comme une infection pulmonaire grave. Les risques sont plus élevés chez les personnes âgées de 65 ans et plus, ainsi que celles qui souffrent déjà d’autres affections comme une maladie pulmonaire ou cardiaque, un système immunitaire affaibli ou le diabète. Les recherches montrent que les hommes sont plus susceptibles d’être malades du COVID-19 que les femmes. Cela pourrait être dû à des différences biologiques, ou au fait qu’ils ont tendance à fumer plus souvent, ou peut-être même au fait qu’ils se lavent moins souvent les mains [1–3, 5].
Alors, si les enfants sont moins susceptibles d’être infectés, ne développent pas de symptômes graves aussi souvent et ne risquent pas de propager la maladie, pourquoi presque toutes les écoles ont-elles été fermées ? Au début de la pandémie, on savait peu de choses sur le SARS-CoV-2. Les scientifiques et les gouvernements n’ont pas voulu prendre de risques qui pourraient favoriser la propagation du virus. Les écoles, les magasins et les aéroports ont été fermés, les contacts non essentiels entre les humains ont été évités et la plupart des gens ont travaillé à domicile. La quasi-totalité du monde s’est retrouvée dans une situation de ≪ confinement ≫, où chacun est resté chez soi autant que possible. Seuls les services publics, tels que les hôpitaux, les transports publics, les éboueurs et les magasins d’alimentation ont continué à fonctionner. Grâce à ces mesures gouvernementales énergiques, le taux d’infection a ralenti et les hôpitaux ont pu aider les personnes vraiment malades. C’est ce que l’on entend par le terme ≪ aplanir la courbe ≫ (Figure 3) [1–3, 5].
- Figure 3 - Nous pouvons contribuer à prévenir l’infection par le SARS-CoV-2 ainsi que la propagation du virus en adoptant de bonnes habitudes d’hygiène : se laver régulièrement les mains avec du savon, éternuer dans un mouchoir en papier (et le jeter ensuite), éternuer dans son coude, aérer les pièces, respecter une distanciation sociale (garder une distance d’au moins 1,5 m avec les autres) et porter un masque sur le nez et la bouche.
- Ainsi, le taux d’infections ralentira et les hôpitaux pourront aider les personnes qui tombent vraiment malades. C’est ce que l’on entend par le terme ≪ aplanir la courbe ≫ (≪ Flatten that curve ≫ en anglais).
Comment contrôler le sars-cov-2 ?
Actuellement, les meilleures mesures pour prévenir l’infection par le SARS-CoV-2 sont d’avoir une bonne hygiène, notamment se laver régulièrement les mains avec du savon, éternuer dans un mouchoir en papier (et le jeter ensuite) et éternuer dans le coude. Une bonne ventilation des pièces est également importante. La distanciation sociale (également appelée distanciation physique), qui consiste à garder une distance d’au moins 1,5 m avec les autres, est importante car elle empêche également la propagation du virus. Lorsque nous ne pouvons pas garder cette distance, le port d’un masque sur le nez et la bouche peut aider à prévenir la propagation du SARS-CoV-2 (Figure 3) [1, 2].
Jamais auparavant les scientifiques du monde entier n’avaient collaboré aussi étroitement – mais en respectant une distance de sécurité – pour finaliser un moyen d’aider les personnes atteintes du SARS-CoV-2 et d’arrêter sa propagation. Grâce à un test rapide effectué à l’aide d’un écouvillon nasal, nous pouvons détecter les personnes infectées et les mettre en quarantaine pendant 2 semaines, afin qu’elles cessent d’infecter les autres. De plus, en recherchant les autres personnes qui ont été en contact avec les patients positifs au SARS-CoV-2 et en les mettant également en quarantaine, le risque de propagation est limité. Un autre test en laboratoire peut aider à déterminer si les personnes ont été infectées dans le passé et ont déjà développé une immunité contre le virus [1, 2].
Les médecins explorent également actuellement des moyens de soulager les symptômes des patients. L’un des moyens pourrait être de tester des médicaments qui sont normalement administrés aux patients pour lutter contre d’autres infections, pour voir s’ils sont également efficaces contre le SARS-CoV-2 [6]. Le sang de personnes qui ont guéri du COVID-19 est un autre traitement potentiel en cours d’essai. En combattant le virus, les personnes développent des anticorps contre celui-ci, de sorte que leur organisme peut combattre rapidement le virus s’il le rencontre à nouveau. Ces anticorps (appelés sérum convalescent) peuvent être isolés du sang et pourraient être donnés à d’autres personnes pour les aider à lutter contre le COVID-19 [1, 2].
Et qu’en est-il de l’avenir ?
Un vaccin sera notre meilleure chance de nous protéger du COVID-19. Malheureusement, le développement du vaccin prendra au moins 1 an. La bonne nouvelle est qu’il existe actuellement plus de 165 candidats vaccins potentiels en cours de développement [7].
En attendant, il est important que chacun d’entre nous continue à combattre ce virus comme il le peut. Le SARS-CoV-2 a causé beaucoup de souffrances. Beaucoup de gens sont tombés malades, ou pire, ont perdu un être cher. Le fait d’être mis en quarantaine pendant une longue période a également provoqué un sentiment de tristesse et de solitude chez de nombreuses personnes. Les gens ne pouvaient pas voyager ni faire de shopping pendant le confinement, et l’économie semblait également s’arrêter. En conséquence, de nombreuses personnes ont perdu leur emploi, ou risquent encore de le perdre.
Même lorsque la pandémie sera terminée, il faudra un certain temps pour que le monde se remette des dommages causés par le SARS-CoV-2. Par exemple, les personnes qui ont perdu leur emploi doivent trouver d’autres moyens de subvenir aux besoins de leur famille. Ainsi, plus nous respecterons les mesures d’hygiène (lavage régulier des mains et distanciation sociale), moins le virus se propagera et plus vite la pandémie sera terminée.
Glossaire
Zoonotique: ↑ Zoonotique est un terme utilisé pour désigner une maladie qui peut se transmettre des animaux aux humains. Une zoonose est une maladie ou une infection qui est naturellement transmissible des animaux vertébrés à l’homme. Les animaux jouent donc un rôle essentiel dans le maintien des infections zoonotiques dans la nature.
Pandémie: ↑ Une pandémie est une épidémie (une flambée soudaine) qui se répand fortement et touche une région entière, un continent ou le monde entier en raison d’une population sensible. Une véritable pandémie entraîne un degré élevé de mortalité (décès).
Récepteur ACE2: ↑ Une molécule à la surface des cellules des poumons, des artères, du cœur, des reins et des intestins, qui sert de point d’entrée dans les cellules pour certains coronavirus.
Période d’incubation: ↑ Le temps écoulé entre la rencontre avec un agent pathogène (virus ou autre micro-organisme causant une maladie) et l’apparition des premiers symptômes. Pendant ce temps, l’agent pathogène se multiplie dans le corps.
Sérum convalescent: ↑ Sérum sanguin de patients récemment guéris d’une maladie infectieuse, riche en anticorps contre l’agent infectieux et qui peut être utilisé pour traiter des patients atteints de la même infection.
Conflit d’intérêts
Les auteurs déclarent que les travaux de recherche ont été menés en l’absence de toute relation commerciale ou financière pouvant être interprétée comme un potentiel conflit d’intérêts.
Déclaration d’utilisation des outils d’IA
Tout texte alternatif fourni avec les figures de cet article a été généré par Frontiers grâce à l’intelligence artificielle. Des efforts raisonnables ont été déployés pour garantir son exactitude, notamment par une relecture par les auteurs lorsque cela était possible. Si vous constatez des problèmes, veuillez nous contacter.
Références
[1] ↑ Available online at: https://covid-19.sciensano.be/sites/default/files/Covid19/COVID-19_fact_sheet_ENG.pdf (accessed July 21, 2020).
[2] ↑ Wu, D., Wu, T., Liu, Q., and Yang, Z. 2020. The SARS-CoV-2 outbreak: what we know. Int. J. Infect. Dis. 94:44–8. doi: 10.1016/j.ijid.2020.03.004
[3] ↑ Mallapaty, S. 2020. How do children spread the coronavirus? The science still isn’t clear. Nature 581:127–8. doi: 10.1038/d41586-020-01354-0
[4] ↑ Available online at: https://coronavirus.jhu.edu/ (accessed July 21, 2020).
[5] ↑ Zimmermann, P., and Curtis, N. 2020. Coronavirus infections in children including COVID-19: an overview of the epidemiology, clinical features, diagnosis, treatment and prevention options in children. Pediatr. Infect. Dis. J. 39:355–68. doi: 10.1097/INF.0000000000002660
[6] ↑ Ledford, H. 2020. Coronavirus breakthrough: dexamethasone is first drug shown to save lives. Nature 582:469. doi: 10.1038/d41586-020-01824-5
[7] ↑ https://www.nytimes.com/interactive/2020/science/coronavirus-vaccine-tracker.html (accessed 21 July 2020).